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Nous vous présentons dans
cette rubrique les nouvelles images réalisées au Kenya
entre aout et octobre 2007. Cette période a été
marquée par la présence de hautes herbes un peu partout
dans Masaï-Mara où les animaux et en particulier les
félins pouvaient facilement se cacher et par la
« désorganisation » des saisons
sèches et humides qui a entrainé le déplacement de
nombreux herbivores vers le Serengeti où la
sécheresse habituelle en cette période
n’était pas au rendez-vous. Nous avons revu le long de la
frontière tanzanienne la femelle guépard et ses 5 jeunes
photographiés en début d’année mais un jeune
manquait à l’appel. La femelle guépard avec 3
grands jeunes de 15 mois les a laissés seuls un jour
d’octobre après avoir tué pour eux un jeune gnou.
Au niveau des troupes de lions, la troupe de la
« Maternity » que nous avons l’habitude de
suivre s’est faite particulièrement discrète. Nous
avons donc surtout suivi deux lionnes et leurs 5 jeunes de 2 mois. Fait
intéressant : seule une des deux lionnes allaitait les 5
bébés, l’autre n’avait pas de lait pour
nourrir ses deux petits. Elles étaient suivies quasiment chaque
jour par une autre lionne et ses deux adolescentes. Autant les
mères supportaient l’autre femelle à
proximité de leurs petits, autant elles n’acceptaient pas
que les deux adolescentes les approchent. Et leurs réactions
souvent agressives pimentaient nos journées ! Le fait marquant
de cet été a été la migration des gnous et
sa désorganisation. Les grands troupeaux sont arrivés
particulièrement tard au coeur de Masaï-Mara, vers la
mi-septembre. Et, très rapidement, une grande partie des
centaines de milliers d'animaux qui s'étaient installés
ont décidé de repartir vers le nord du Serengeti. Ils se
sont regroupés au bord de la rivière Mara dans une zone
particulièrement difficile pour la traversée. Dans la
bousculade et la panique, la multitude des suivants poussait les
premiers vers l'avant, les forçant à sauter puis à
traverser avant de se retrouver dans un fatidique goulet
d’étranglement. Des gnous rebroussaient chemin,
ajoutant à la confusion. La vague ininterrompue de nouveaux
arrivants submergeait et enfonçait dans l’eau leurs
prédécesseurs, les piétinait le long de la berge
abrupte. Des animaux s’étouffaient les uns les autres, se
noyaient. D’autres restaient perchés sur la pente sans
pouvoir bouger, le tout dans un concert de meuglements
déchirants. Quand on pense qu'un peu plus loin, ils auraient
traversé sans difficulté. En deux jours, en ce dramatique
mois de septembre, près de 10 000 animaux sont morts. Le
conservateur a décidé d’intervenir, averti du
carnage par nos soins. Il a posté des rangers dans les buissons
pour effrayer les animaux et les empêcher de traverser en cet
endroit fatidique. Laisser se continuer un tel massacre lui a
semblé particulièrement inutile ; si tous les ans,
certaines traversées de la Mara provoquent des centaines de
morts, la rivière peut se nettoyer rapidement
d’elle-même par l’intermédiaire des nombreux
crocodiles, vautours, varans et poisson-chats qui profitent de
l'aubaine. Mais là, impossible d’assurer un
«nettoyage» naturel de la rivière. Des centaines de
cadavres sont restés sur les rives.
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