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Nous
vous présentons dans cette rubrique les nouvelles
images réalisées principalement au Kenya
d’août à octobre 2008. Depuis notre
retour en France fin mars, nous avons suivi tous les
problèmes de l’équipe de la «
Mara Conservancy » sur le blog qu’elle venait
de créer pour informer le monde entier de ses
problèmes et appeler à une aide financière.
Avec le déplacement de près d’un
quart de millions de personnes dans le pays depuis janvier
à cause des problèmes politiques, la viande
de brousse « bon marché », comme
le buffle ou l’hippopotame provenant de Masaï
Mara, est très recherchée. Le braconnage
a donc atteint un niveau alarmant. Pendant plusieurs
semaines, les rangers n’ont même pas pu
utiliser leur véhicule faute d’argent pour
acheter du carburant. Heureusement, des dons sont arrivés
et les patrouilles motorisées ont pu reprendre.
Des centaines de collets - qui ne font pas de distinction
entre les animaux, blessant et tuant aussi bien des
girafes, des éléphants, des lions ou des
guépards – ont été ramassés
entre avril et juin. L’activité touristique
amorça une reprise en juillet qui s’est
accentuée en août et septembre, surtout
pour les safaris de haute et moyenne gamme. Nous n’avons
d’ailleurs jamais vu autant de 4 x 4 aussi remplis
de matériel haut de gamme, 500 mm, 600 mm, boitiers
numériques professionnels… Par contre,
le tourisme dit de masse avec des minibus est resté
faible.
Michel arrivé dès fin juillet au Kenya
a rencontré une météo peu favorable
pour les images, temps gris et plafond bas, petites
pluies … Cette mauvaise météo se
poursuivit jusqu’au milieu de septembre. La migration,
quant à elle arriva très tôt dans
Masaï-Mara mais elle ne fut pas spectaculaire avec
de grands troupeaux très dispersés se
déplaçant sans cesse mais souvent dans
des zones non accessibles. Les traversées de
la Mara ont été très aléatoires.
Certains les ont attendues pendant des jours, sans succès
!!
Pendant ces trois mois d’été, nous
avons beaucoup suivi les lions particulièrement
la troupe de Bila Shaka, à côté
de Governor’s camp. Une des femelles avait eu
sa première portée. Sur les deux bébés,
l’un a très vite disparu. Elle a ensuite
conduit le deuxième au milieu de la troupe sans
s’en occuper. Les 4 lionnes ayant aussi des jeunes
acceptaient de le laisser téter mais les lionceaux
plus âgés l’en empêchaient
tout en jouant avec lui sans arrêt, ce qu’une
mère plus habituée aurait empêché
! Le bébé n’arrivait pas vraiment
à se nourrir et paraissait bien trop petit pour
son âge. Et, comme nous le craignions, il finit
par mourir. Sinon, le reste de la troupe se portait
très bien.
Nous avons aussi essayé de retrouver le plus
souvent possible Notch, le superbe lion mâle à
crinière noir accompagné de ses 5 acolytes,
à priori ses fils. Nos observations n’ont
pas été aussi fréquentes que nous
l’aurions souhaité. Notch prend un malin
plaisir à passer d’un côté
à l’autre de la rivière Mara, se
retrouvant aussi bien en bas de Serena que dans les
plaines de Paradis. Pour les retrouver de l’autre
côté de la rivière, plusieurs heures
nous seraient nécessaires ! Les 6 mâles
se déplacent beaucoup et se permettent de pénétrer
sur le territoire d’autres mâles car ils
sont les plus puissants. En avril, nous avions craint
que deux d’entre eux soient morts. En effet, deux
mâles qui leur ressemblaient étaient morts
alors, frappés de paralysie, sans présenter
de blessure apparente. Les analyses faites avaient montré
que ces deux félins s’étaient nourris
sur une carcasse d’hippopotame lui-même
contaminé par un poison hyper toxique utilisé
dans l’agriculture comme désherbant ou
insecticide. L’impact de l’agriculture devient
très important car la réserve est de plus
en plus cernée par les terres cultivées.
Nous avons d’ailleurs constaté au fil des
années une énorme diminution du nombre
des insectes ce qui entraîne ou entrainera la
diminution du nombre d’oiseaux voire la disparition
de certaines espèces. Quant aux lions eux-mêmes,
image emblématique de la savane et des safaris,
leur nombre a très fortement diminué sur
toute l’Afrique et ils sont classés comme
espèce vulnérable par l’UICN mais
leur classement en Annexe 1 – espèce en
danger -, est demandé par certains scientifiques.
A part Notch et ses fils, des lionnes traversent elles
aussi la Mara même quand elle est haute. Un matin,
nous avons suivi sept d’entre elles le long de
la Mara, côté plaines de Paradis. Elles
cherchaient à traverser la rivière. Elles
nous ont ainsi menés d’un passage possible
à un autre pendant plus d’une heure, criant
après les eaux tumultueuses jusqu’au moment
où notre véhicule ne put les suivre à
cause du terrain. Une demi-heure plus tard, nous avons
retrouvé les 5 plus jeunes du même côté
que nous mais les deux aînées aux tétines
apparentes avaient traversé. Sans doute, la présence
de bébés de l’autre côté
les avaient elles plus motivées !
Plusieurs femelles
guépards ont eu des petits en juillet, deux sur
le secteur d’Intrepids, une sur celui de Governor’s.
Dans un cas comme dans l’autre, la zone où
les mères gardaient leurs petits fut interdit
aux véhicules les premières semaines pour
assurer leur tranquillité et éviter que
les traces des voitures n’attirent les hyènes.
Pour deux des trois portées, cela a bien réussi.
Nous avons pu observer les jeunes à l’âge
où ils ont commencé à suivre leur
mère partout : cinq bébés pour
celle de Governor’s et trois pour celle d’Intrepids.
Très courtisée par les touristes et la
BBC qui tournait le Wild Cat Diary, la femelle de Governor’s
- excellente chasseresse - fut sans doute la plus photographiée
du moment. Mais, un matin d’octobre, il n’y
eut plus que trois bébés, deux ayant été
tués la nuit, sans doute par des hyènes.
Les trois frères guépards, continuent,
eux, à se déplacer sur tous les secteurs
de Masaï-Mara. Leur technique de chasse est particulièrement
efficace. Ils se lancent au milieu d’un troupeau
de gnous et de zèbres et sont capables de tuer
quasiment à tous les coups, se conduisant un
peu comme des lycaons qui se relaient.
Nous terminons notre séjour par une visite dans
Tsavo Est. Les paysages sont toujours aussi magnifiques.
Mais il n’est pas facile d’observer les
animaux. Nous sommes venus tout particulièrement
voir les éléphanteaux orphelins de la
fondation Daphné Sheldrick. Ils sont envoyés
à Tsavo au cours de leur deuxième année
après être restés à l’orphelinat
de Nairobi. Ils arrivent accompagnés de leurs
soigneurs qui jouent le rôle de leur famille.
L’attachement de ces hommes à « leurs»
éléphants est émouvant. A 6h du
matin, nous venons les voir dans leurs enclos avant
leur départ en brousse avec les soigneurs. Les
plus jeunes ont droit aux premiers biberons. Nous les
attendons ensuite à 11H, à l’endroit
du bain. Nous les voyons arriver en courant. Les plus
âgés partent boire dans de grands bidons
tandis que les plus jeunes s’arrêtent au
niveau des soigneurs qui les attendent avec leurs 3
biberons. Les observateurs peuvent eux aussi participer
à cette séance mais il faut être
rapide car les éléphanteaux s‘impatientent
si les biberons 2 et 3 n’arrivent pas assez vite.
Par contre, dès que le troisième est bu,
ils s’éloignent et vont rejoindre les plus
âgés qui sont déjà en train
de se baigner dans la mare. Tous se roulent dans la
boue en jouant, n’hésitant pas à
arroser les spectateurs !
Après un long bain, ils repartent dans la brousse.
Le soir, nous attendons leur retour au camp. Ils commencent
par boire devant les enclos au point d’eau créé
par l’équipe de Sheldrieck. Les plus jeunes
rentrent prendre leur biberon. Les autres ont droit
à un complément alimentaire, quelques
branches et des copeaux de noix de coco. Les plus grands
ressortent de leur enclos à leur convenance.
Un grand mâle « sauvage » vient boire.
Nous nous réfugions alors le long des grillages
; les orphelins viennent le saluer et certains repartent
dans la brousse avec lui. Ils reviendront plus tard.
Les soigneurs nous précisent que plusieurs mâles
viennent ainsi régulièrement et s’occupent
des jeunes orphelins. Un grand mâle a même
un jour raccompagné un très jeune qui
s’était égaré. Le but de
ce centre est de permettre aux éléphanteaux
adolescents de rejoindre plus tard les communautés
sauvages, ce qui semble plus facile pour les mâles
que les femelles.
Ces moments d’intimité avec ces éléphanteaux
sont magiques et nous sommes très marqués
par cette rencontre exceptionnelle. Mais une question
se pose : cela vaut-il la peine de sauver quelques dizaines
d’éléphants orphelins nécessitant
des moyens financiers trés importants ? Quand
les problèmes sur la sauvegarde de l’espèce
restent les mêmes : braconnage, manque d’espace,
manque de couloirs de migration, conflits avec les agriculteurs
….
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